UNION.SPORTIVE DU CANTON DE CUQ-TOULZA : site officiel du club de foot de CUQ TOULZA - footeo

Editorial

ORIGINE DE CUQ-TOULZA ET DU LIEU-DIT CADIX

Au VI°s., les Wisigoths créent un royaume dont la capitale est Toulouse. Les lieux-dits Lesbordes, Esperon, La Salle, Racaud datent de cette époque. Du mélange par la sédentarisation des barbares avec les autochtones va naître, à partir du X°s., la population occitane. L'emblème est la croix occitane au symbolisme ésotérique qui semble matérialiser l'itinéraire des Wisigoths des rives de la Mer Noire à Toulouse par les Balkans, l'Italie et l'Espagne. Les hauteurs escarpées ont constitué un point d'appui et de défense, de surveillance et d'observation. Vers l'An 1100, le premier acte important est la charte de fondation de Cuq-Toulza (août 1183) : "Sicard de Puylaurens et Isara, son frère, s'entendirent avec Pierre de Tripoli, Raymond de Dourgne et Guilabert de Puylaurens, tous proches parents, afin de bâtir une forteresse sur le puy de Moncuq... ils s'obligent à fournir... partie des frais de construction du château, du rempart et du donjon qu'ils proposent d'élever."Le fief rentre dans la vassalité du Comté de Toulouse et devient Cuq-Toulza. Couloir d'invasion, la vallée du Girou constitue le cheminement privilégié des pèlerins de St Jacques de Compostelle. Du IX° au XVI°s. des milliers de Jacquets (Bavarois, Autrichiens, Bohémiens, Hongrois, Italiens) emprunteront cette portion dite du "chemin d'Arles". Cet itinéraire (bassa strada, chemin du bas, bastard et le carrefour de la stradarie) est jalonné d'oratoires : N.-D.-de-las-Tampas ou des Écluses. Vers le milieu du X° s., la population est acquise aux idées et à la religion cathare prêchée par les Parfaits. Les Croisés de Simon de Montfort feront des ravages dans la population. A plusieurs reprises le château de Cuq changera de mains. Assiégé et pris par Guy de Montfort en 1211, il ne fut pas compris au nombre des places fortes de l'Albigeois que le Comte Raymond VIII s'était engagé à démolir par le traité de 1229. A partir du milieu du XII°s., beaucoup de bastides du Lauragais obtinrent leur franchise : "Cadix (Cuq-Toulza) est crée à partir d'un nom importé d'Espagne par Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulouse-Albigeois qui venait de guerroyer en Aragon. Cadix (Cuq-Toulza) appartient dès lors à la sénéchaussée de Villefranche de Lauragais.

DESTRUCTION DE CUQ-TOULZA 30 JUIN 1622

Au XIV° et XV°s., les grandes découvertes ont des répercutions importantes sur le commerce local. Cuq-Toulza devient un centre d'échange et de transit : localement la culture du pastel en fait un "pays de cocagne". Au cours du XVI°s., Cuq-Toulza et le Faget revendent la garance importée de l'Atlantique. Les Toulousains viennent vendre des épices de bouche. Entre 1505 et 1561, Cuq-Toulza revend des métaux non ferreux, l'étain et le cuivre et entre 1527 et 1547, on y fait un commerce important de cire d'abeille. Cette période de paix et de prospérité relative durera jusqu'au début du XVII°s. La quasi totalité du pays toujours dans le même esprit de contestation de l'église ou du pouvoir central se convertit au protestantisme. Début 1621 Louis XIII voyant l’obstination des Protestants à continuer leur Assemblée de La Rochelle malgré sa défense et les mouvements qui existaient en divers endroits du royaume, résolut d’y remédier par lui-même.
L’Assemblée de La Rochelle ayant appris l’approche du roi, confirma le 10 Mai 1621 l’organisation des provinces protestantes en huit cercles ou départements et ordonna à tous les religionnaires de prendre les armes.
Le 8 Juin 1621, le Duc de Rohan fut chargé de commander dans le cercle du Haut Languedoc et de la Haute Guyenne.
Louis XIII après s’être assuré de diverses places du Poitou occupées par des religionnaires, s’avança vers la Guyenne ou la plupart des villes occupées se soumirent. Le 18 Août il investit la ville de Montauban.
Le Duc de Rohan se replia sur Castres ou il ordonna le 28 Septembre de fondre les cloches des églises catholiques du diocèse d’Albi. Il leva et entretint des régiments pour se garantir contre les entreprises des rebelles de Castres, Réalmont, Lombers, Montauban et St Antonin. Ce diocèse entretint en outre toute la cavalerie légère du roi sous les ordres du duc d’Angoulême.
Le 14 Novembre, le roi partit pour Toulouse ou il arriva incognito et alla loger à l’archevêché près de l’église St Etienne. Il fit son entrée solennelle le 21. Il passa sous sept arcs de triomphe et entra à cheval sous un clais extrêmement riche porté par les huit Capitouls à pied.
Mais la rébellion reprit de plus belle et fit des progrès dans le diocèse de Lavaur. Seules les villes de Lavaur et Labruguière demeurèrent sous l’obéissance du roi. Les sept autres (Puylaurens, Revel, Sorèze, St Paul, Cuq-Toulza, Mazamet et St Amans) prirent les armes et firent une guerre ouverte aux catholiques. Pendant les premiers mois de 1622 le roi était en Guyenne ; le Duc de Rohan montra une grande activité dans le Bas Languedoc ; le Duc de Montmorency dès le début de juin saccagea les environs de Montpellier pour punir les religionnaires de cette ville.
Cependant le roi après avoir soumis diverses places de Guyenne, notamment le 9 Juin la ville de Nègrepelisse, qu’il livra au feu et au pillage, prit la route de St Antonin ou il arriva le 13 Juin et obligea la place à se rendre à discrétion le 22 de ce mois. Il y eu un assaut qui coûta 400 morts et beaucoup de blessés à l’armée royale.
Le roi parti 2 jours après, alla coucher à Castelnau de Montmirail du diocèse d’Albi ou il séjourna le lendemain, passa à Rabastens, alla coucher à St Sulpice et se rendit enfin à Toulouse.
C’est pendant la marche de l’armée royale vers Béziers qu’eut lieu la destruction des places de Caraman et de Cuq-Toulza qui continuaient de se révolter contre l’autorité du roi et à servir de soutien à l’armée de Rohan. L’armée royale était commandée par Louis XIII en personne, ayant sous ses ordres les maréchaux de Thémines et de Bassompierre et devait se rendre à Castelnaudary en deux colonnes, celle du sud par Toulouse et Villefranche sous les ordres du maréchal de Bassompierre.
Ce dernier partit le 28 Juin de St Sulpice avec monsieur de Valençay et vint coucher à Belcastel. Le Même jour, les habitants de Caraman envoient une députation de 4 otages au Maréchal pour entamer les négociations avec lui. Bassompierre leur signifia que leur ville serait complètement détruite le lendemain si l’on ne se conformait pas aux décisions suivantes « Les gentilshommes sortiront de la ville le 29 Juin au matin avec armes et bagages, sans tambour ni enseignes, les habitants auront la vie saine, mais les murailles seront rasées ; les personnes qui quitteront la ville devront se diriger sur le chemin de Puylaurens et ne devront aller ni à Sorèze, ni à Revel, ni au Mas Ste Puelles ».
Les conditions furent acceptées et exécutées à la date indiquée ; Caraman fut ainsi sauvée du massacre mais ses murailles furent démolies.
Le mercredi 29 Juin dans la matinée, le maréchal de Bassompierre reçut la visite du capitaine Gabriel de Montfaucon, Seigneur de Rogles, accompagné d’un gentilhomme du pays dont le nom est resté inconnu, lequel indiquait les moyens de se rendre maître la nuit suivante de la ville de Cuq, par surprise, de la pétarder, de la piller et de la brûler. Mais pour cela il lui fallait l’effectif nécessaire. Bassompierre chargea le capitaine de Rogles de cette opération et lui donna à cet effet six compagnies du Royal Piémont cinquante chevaux d’escorte et vingt chariots.
Ce détachement partit de Belcastel dans l’après midi et arriva aux portes de Cuq à la tombée de la nuit. La ville fut vivement entourée et attaquée par surprise de plusieurs cotés à la fois.
Les habitants furent saisis et massacrés dans leur lit ; une partie s’enfuit dans les fermes des environs.
Les soldats se livrèrent alors au pillage des maisons et emportèrent tout ce qu’ils trouvèrent de précieux. Ensuite des pétards incendiaires furent allumés et pendant la journée du 30, l’incendie fut général dans toute la ville.
Le détachement de l’armée royale, après avoir détruit les fortifications et tous les moyens de défense s’en retourna à Loubens, ses voitures lourdement chargées de butin.
La destruction de Cuq fut si complète qu’elle ne s’est jamais relevée de ses cendres. Les familles qui l’habitaient furent ruinées et seul quelques unes se réfugièrent dans les métairies qu’elles possédaient autour de la ville.
La ville de Cuq avait déjà été incendiée en partie en 1570 par un détachement de l’armée du Prince de Condé. Mais elle était alors sous l’autorité du roi et fut défendue par le Capitaine de Bonnefoy qui s’y était enfermé avec 300 volontaires. Ceux-ci firent si bonne contenance que les Princes n’osèrent pas continuer le siège et décampèrent.

Notes et renseignements recueillis par Monsieur le Colonel Maurice Vidal De Lauzun en 1927, à l’aide des documents qui existent à la bibliothèque nationale à Paris (Traité du Général Hardy de Périni sur la Campagne de 1622)

Aucun événement